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Marche des Diables Bleus 2008

Une restauratrice saint-Amarinoise, mère d'une star de cinéma

Jeanne Helbling



Marie Christen, née à Saint Amarin le 7 août 1881, décédée à Paris le 19 juin 1957, a exploité avec ses parents un hôtel-restaurant à Saint Amarin, vraisemblablement celui qui a donné son nom au "Rustica" (ex Lion d'Or).

Après avoir épousé M. Adolphe Helbling, lequel était dessinateur de motifs floraux aux Ets Scheurer Lauth, le jeune couple s'est installé à Thann où naquit le 26 juillet 1903 une fille prénommée Jeanne. Quelques années après cette naissance, le foyer s'établit à Paris.

Après ses études, Jeanne débuta en posant pour des cartes postales. En 1920, elle fit ses premiers pas au cinéma aux côtés de Charles Boyer dans le film "Le Grillon du Foyer", de Jean Manoussi.
En 1921, Jeanne Helbling apparaît dans quatre longs métrages dont deux réalisés par Julien Duvivier. Puis elle est la Pompadour, dans «Mandrin» (1923) de Henri Fescourt, avec Romuald Joubé dans le rôle du célèbre contrebandier. L’année suivante elle donne la réplique à Pierre Blanchar dans «L’arriviste» (1924) de André Hugon. Elle tourne ainsi une trentaine de films muets parmi lesquels citons encore: «Le juif errant» (1926) d’après Eugène Sue et «Le capitaine Rascasse» (1926) de Henri Desfontaines, avec Gabriel Gabrio dans le rôle-titre, une série romanesque diffusée en Espagne sous le nom «El capitán Sansón»; mais aussi le film avant-gardiste de Jean Epstein, «La glace à trois faces» (1927) où le découpage des scènes mélange d’une manière saisissante passé et présent, imaginaire et réalité; et «La jalousie du Barbouillé» (1927) de Molière mis en scène par Alberto Cavalcanti. Dans «Tire au flanc» (1928) de Jean renoir elle a pour partenaires Michel Simon et l’épouse du réalisateur, Catherine Hessling. À Berlin, William Dieterle la dirige dans «Le secret de l’abbé X» (1927) et Felix Basch dans «La mascotte» (1928) avec Käthe von Nagy.

Jeanne Helbling passe sans difficulté au cinéma parlant et fait même du music-hall. Engagée par la Paramount France, elle participe, dans les studios de Joinville-Le-Pont à la version française de films comme «Une femme a menti» (1929) de Charles de Rochefort, une œuvre tournée en même temps en allemand, en suédois, en italien, et en espagnol avec notamment Adelqui Migliar pour la réalisation ibérique. Jeanne Helbling est aussi au début des années trente dans des longs métrages nord-américains destinés au public français : «L’aviateur» (1931) de William A. Seiter et Jean Daumery, avec Douglas Fairbanks Junior et «Buster se marie» (1931) de Claude Autant-Lara, avec Buster Keaton. Dans sa filmographie étoffée d’une quarantaine de titres avant le début de la seconde guerre mondiale, l’on découvre beaucoup de comédies et des rôles qui se font parfois plus secondaires. Évoquons en particulier «Paix sur le Rhin» (1938) de Jean Choux, d’après le roman de Léon Cerf «Friede am Rhein» publié en Suisse en 1934. Le film, tourné dans la région natale de Jeanne Helbling, raconte la vie des Schaefer, des vignerons thannois dont les fils ont combattu entre 1914 et 1918, l’un sous l’uniforme français et l’autre sous l’uniforme allemand. L’on y voit également Françoise Rosay, Pauline Carton, Michèle Alfa, John Loder, Abel Jacquin et Jim Gérald. Mais ce récit pacifiste, qui s’inscrit résolument contre une guerre fratricide entre Européens, devient bientôt inopportun. Les bobines réputées détruites ne seront redécouvertes et restaurées qu’à la fin du vingtième siècle.


Sa Carrière fut interrompue par la guerre. Pendant la période de l'occupation , elle oeuvra pour la résistance, ce qui lui valut de nombreuses distinctions patriotiques. Après la guerre, elle tourna encore deux films : "Dernier métro" en 1945 de Maurice de Canonge et "Jeux de femmes" en 1946 de Maurice Cloche.

Après son mariage avec un militaire américain d'origine française, Henri Garin, elle abandonne définitivement le cinéma. Elle décède quarante ans plus tard à New-York le 6 août 1985, elle venait de fêter ses quatre-vingt deux ans.

Jamais elle n'oublia son pays natal auquel elle légua par le biais du Musée de Thann plusieurs toiles, notamment une peinture représentant sa mère Maria Christen.

Avec elle, disparut un des plus beaux visages du cinéma français d'avant-guerre.




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